0 0
Read Time:2 Minute, 58 Second

Après le major Paul Mwilambwe, deux policiers qui ont participé à l’élimination de Floribert Chebeya et Fidèle Bazana, ces deux activistes des droits de l’homme, ont fait des révélations troublantes dans un entretien à Afrikarabia.

Leurs témoignages confirment qu’il s’agissait d’un plan bien élaboré par la hiérarchie de la police. Le général John Numbi, ancien inspecteur général de la police, est pointé du doigt.

Présentement en fuite dans un pays de l’Est, les policiers Hergile Ilunga et Alain Longwa révèlent que le jour de l’assassinat ( 1er juin 2010 ), ils s’étaient retrouvés « dans la cour de l’Inspection générale de la police à six avec le major Christian Ngoy qui est monté voir John Numbi, le chef de la police, et Daniel Mukalay. Christian Ngoy est revenu et nous a expliqué que, sur ordre de la hiérarchie, nous avions une mission à effectuer aujourd’hui. Mais, nous ne savions pas de quelle mission il s’agissait ».

« Chebeya s’est rendu dans les bâtiments du protocole où se trouvait le major Paul Mwilambwe qui était chargé d’accueillir les visiteurs. A 19 heures, on nous a demandé d’emmener dans mon véhicule le chauffeur de Chebeya, qui était toujours dans la cour de l’Inspection générale de la police. Dans ma voiture se trouvait le reste de l’équipe : Sadam et Jacques Mugabo. On a menotté Bazana pendant que moi j’étais au volant. Ensuite, on l’a étouffé avec un sac sur la tête et du scotch. On l’a tué dans mon véhicule », ont-ils révélé.

A en croire Hergile Ilunga, d’autres policiers avaient pris Floribert Chebeya qui attendait toujours son rendez-vous avec John Numbi et l’ont amené dans un autre véhicule où se trouvait une équipe composée du lieutenant Bruno Soti, Doudou Ilunga et Jacques Mugabo. Et le pire s’en est suivi.

« Ils ont aussi étouffé Chebeya avec un sac sur sa tête et du scotch. Les deux véhicules sont partis et nous sommes allés dans la concession du général Jajija à Mitendi où une tombe était déjà creusée et nous avons enterré Fidèle Bazana », a-t-il affirmé.


Et d’ajouter que : « nous avons ensuite déposé Chebeya près du cimetière de Mbenseke ».

Après ces deux assassinats, Hergile Ilunga indique qu’ils ont été transférés en pleine nuit à Lubumbashi dans l’ex-Katanga où des officiers les ont accueillis et amenés à la ferme de John Numbi.

Ils ont été, selon lui, séquestrés pour éviter qu’ils témoignent dans le procès. Heureusement, dit-il, ils ont réussi à s’enfuir. Plusieurs organisations de la société civile exigent la réouverture de ce procès.  

Le vice-président de la FIDH a même fait remarquer à l’auditeur général des Forces armées de la RDC que le moment est arrivé pour rendre justice sur base de tous les dossiers qui sont sur sa table, contribuer à l’éclatement de la vérité et tout faire pour arrêter les commanditaires et autres auteurs intellectuels de ces assassinats.

Les veuves des défenseurs des droits de l’homme ( Floribert Chebeya et Fidèle Bazana) continuent à exiger des poursuites judiciaires contre les auteurs matériels et intellectuels de l’assassinat de leurs maris. 

Pour elles, toutes les personnes  impliquées dans cette affaire dont l’ancien chef de l’État, Joseph Kabila, l’ex-inspecteur général de la police, John Numbi et Christian Kenga Kenga doivent répondre devant la justice.

Ouragan fm/Le Télégramme du Congo

Happy
Happy
0 %
Sad
Sad
0 %
Excited
Excited
0 %
Sleepy
Sleepy
0 %
Angry
Angry
0 %
Surprise
Surprise
0 %
0 0 voter
Évaluation de l'article
S’abonner
Notifier de
guest
0 Commentaires
Inline Feedbacks
View all comments