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En Afrique, contrôler la Cour Constitutionnelle et la Commission Eléctorale Indépendante, c’est s’assurer et se rassurer une victoire d’avance à la présidentielle et aux législatives.

Chaque groupement politique se bat sans merci pour placer ses poulains à la tête de ces deux institutions.

Inféodées à la politique, ces deux institutions peuvent changer la volonté exprimée de tout un peuple. Elles peuvent fabriquer des faux résultats et proclamer des faux vainqueurs aux élections.

Et la RDC n’est pas exclu de cette règle. D’ailleurs, l’une des causes majeures de son instabilité politique est la crise de légitimité du pouvoir issu des urnes.

Et le contrôle de ces deux institutions était au centre de discorde qui a conduit au divorce du mariage FCC-CACH (coalition entre le FCC de Joseph Kabila et le CACH de Felix Tshisekedi). Le reste n’était que de la poudre aux yeux.

Denis Kadima sur les traces de Ronsard Malonda !

En juillet 2020, Ronsard Malonda a été choisi par six sur huit Représentants qui composent la plate-forme des confessions religieuses. Ce probable succésseur de Corneille Nangaa à la tête de la CENI (Commission Electorale Nationale Indépendante) a été récusé par les catholiques et les protestants. 

Accusé à tort ou à raison, c’est selon, d’être proche du FCC et de rouler pour le retour de Joseph Kabila au pouvoir et pour la tricherie en faveur de sa famille politique aux élections générales de 2023.

Le choix de Ronsard Malonda n’avait pas trouvé de consensus et avait ouvert la voie à des violences sans précédent dans tout le pays.

Emboîtant les pas des prélats catholiques et protestants, la classe politique a sensibilisé ses militants pour dire non à cette candidature.

L’ on a dénombré des pillages, des déstructions méchantes des biens publics et privés, des pertes en vies humaines et des blessés graves.

Saisissant la balle au bond, par une correspondance adressée à Jeannine Mabunda, Présidente de l’Assemblée Nationale, le Président de la République Félix Tshisekedi a refusé d’investir Ronsard Malonda à la tête de la CENI malgré son entérinement par le parlement. Il a justifié son action par le fait qu’il n’y avait pas eu consensus au sein de la plate-forme des confessions religieuses.

Ronsard Malonda

Il n’y a pas un sans deux, ce mardi 27 juillet 2021, comme l’année passée, il n’y a pas eu signature d’un protocole d’accord au centre interdiocesain de la Conférence Episcopale du Congo (CENCO). Les huit chefs religieux se sont séparés à queue de poisson et sans un consensus au préalable sur le choix du successeur de Corneille Nangaa à la CENI.

Une confusion a régné autour de la candidature de Denis Kadima. À l’instar de Ronsard Malonda, Denis Kadima est récusé par les Catholiques et Protestants, on l’accuse d’être proche du Président Félix Tshisekedi et de rouler pour la tricherie en faveur de l’UDPS.

Après cet imbroglio, six chefs religieux notamment celui des Églises de Réveil, des Orthodoxes, des Musulmans, des Kimbanguistes, de l’Armée du Salut et des Églises Indépendantes se sont retirés au siège de la Commission d’Intégrité et Médiation Électorale (CIME) pour désigner leur candidat commun à l’absence des représentants de l’Église Catholique et de l’Église du Christ au Congo (ECC).

Bien que le prophète Dodo Kamba, Représentant des Églises de Réveil s’est refusé de donner le nom de leur candidat à la CENI, toutes les sources indiquent qu’ils ont jeté leur dévolu sur la personne de Denis Kadima, Directeur Exécutif de l’Institut Électoral pour une Démocratie Durable en Afrique (EISA) et candidat de l’Eglise kimbanguiste.

Denis Kadima

Joint au téléphone par nos confrères de actu30.cd, Mgr Marcel Utembi, Président de la CENCO et Président de la plate-forme des confessions religieuses a décliné toute responsabilité dans l’acte posé par ces six confessions religieuses précitées.

« Nous avons préféré suspendre la séance pour vérifier certaines allégations portées à charge de certains candidats. Nous avons voulu avoir la certitude sur leur moralité, la qualité éthique et technique des candidats. Il y a des questions qui devaient être élucidées. Cela demande un minimum de temps. Ainsi, nous avons estimé que c’est une grande responsabilité et par conséquent il n’était pas indiqué de poser l’acte de désignation », a dit Marcel Utembi Président de la CENCO.

Et d’ajouter : ” Cette désignation n’engage que ceux qui l’ont faite, ça n’engage qu’eux !”.

Entre-temps le Président de la CENCO évoque les prescrits de la charte de la plate-forme des confessions religieuses qui posera problème pour la légalité de cette désignation.

« Selon les règle de jeu de notre charte, il faut que le PV de la désignation du Président de la CENI soit établi et signé soit  par le Président de la plate-forme des confessions religieuses seul, dont je suis, soit le Président avec les chefs des confessions », a-t-il noté.

Et d’ajouter : « Je ne sais pas si ce document (PV) qui sera signé aura quelle valeur? A moins qu’il s’agisse d’un forcing politique avec toute les conséquences possible », a martelé Monseigneur Marcel Utembi.

Pour le prophète Dodo Kamba, ces six confessions religieuses ont désigné le candidat-président de la CENI en tenant compte de la charte de la plate-forme des confessions religieuses.

Contacté par RFI, Denis Kadima dément d’être proche du Président Félix Tshisekedi. Selon lui, il n’est qu’un expert électoral international et c’est dans les actes qu’on peut le juger !

L’histoire se répète ?

Un scandale s’est produit hier mercredi 28 juillet 2021 au Palais du Peuple, alors que le groupe de Dodo Kamba est allé déposer le nom de leur candidat commun à l’Honorable Christophe Mbosso, Président de l’Assemblée Nationale, avec des PV (procès verbaux) de désignation dûment signés par les six, au même moment, les représentants des Catholiques et des Protestants sont allés voir le Président de l’Assemblée Nationale pour le convaincre de ne pas accepter la personne choisie par ces six autres confessions religieuses, faute de consensus.

La sagesse du Président de la Chambre basse est souhaitée pour départager ces deux ailes. Sinon, il tombera dans le même piège que son prédécesseur avait tombé.

Signalons que, le mardi 27 juillet 2021, les militants de Lamuka avaient envahi le centre interdiocesain pour dire non à toute désignation des membres de la CENI avant les réformes au préalable.

Avec cette révélation du profil supposé de Denis Kadima, l’on se demande si l’histoire de Ronsard Malonda ne se repéte-t-elle pas? Tout en interpelant les autorités de prendre des mesures qui s’imposent pour que les événements malheureux de juillet 2020 ne se reproduisent pas.

Par faute de consensus, le Président Félix Tshisekedi avait refusé d’investir Ronsard Malonda à la tête de la CENI malgré son entérinement par l’Assemblée Nationale après sa désignation par la majorité des représentants de la plate-forme des confessions religieuses.

Comme les mêmes causes produisent les mêmes effets, l’on se demande si cette fois-ci encore le Président de la République fera la même chose avec celui qu’on accuse à tort ou à raison, d’être son poulain à la tête de la CENI ?

Wait and see

Par Joseph Lounda Bwasola, Editeur et Directeur Général de l’hebdomadaire Le Télégramme du Congo et du média en ligne www.telegrammeducongo.net

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