0 0
Read Time:10 Minute, 18 Second

L’enseignement même de la loyauté, de la sincérité et du bien-être universel est utile à la société. Après ses études à Louvain la Neuve, le Professeur Vincent Lukanda Mwamba est rentré au pays pour être Professeur à la Faculté des Sciences de l’Université de Kinshasa où il est très brillant et toujours prêt à servir son pays.
Vincent Lukanda Mwamba est une véritable lumière qui illumine son entourage. Il est aussi un visionnaire qui dirige des mains de maître le CREN-K qui est une entreprise stratégique pour la RDC et même pour l’Afrique Centrale.
Au CREN-K, il a insufflé un vent nouveau et donné un nouvel élan de sorte que le CREN-K a aussi sa place au niveau de l’Agence Internationale à l’Energie Atomique (AIEA). Comme la plupart de bons scientifiques, il se caractérise par une patience très remarquable et un sens d’observation très poussé.
On comprend pourquoi les étudiants ne cessent de lui féliciter pour son travail. A l’heure actuelle le CREN-K est étendue au niveau de province pour la mise en œuvre de la médecine nucléaire.
On peut ici rendre hommage à ce digne fils de la RDC et successeur émérite du feu Professeur Malu wa Kalenga.
Pour plus de précisions sur le CREN-K et du Professeur Vincent Lukanda, on peut relire avantageusement notre article de l’édition n°108 du Lundi 04 mars 2019 repris ci-dessous.
La fin d’un long vide
Le Professeur Vincent Lukanda accède au trône de feu Malu wa Kalenga au CREN-K
Décédé depuis un temps relativement long, le célébrissime Professeur Malu wa Kalenga a pris du temps pour être remplacé à la tête du Centre Régional d’Etudes Nucléaires de Kinshasa (CREN-K).
Les autorités du pays ont sans doute peiné pour trouver la personnalité la mieux indiquée pour lui succéder à la tête de cette prestigieuse et stratégique plateforme scientifique.
Finalement, le choix judicieux a été opéré sur la personne du Professeur Vincent Lukanda qui a réuni toutes les conditions requises pour conduire à bon port ce navire de recherche à haut risque et souvent méconnu et/ou négligé par la majorité de la population.
Des critères fondamentaux relatifs à l’intelligence, la compétence, la probité morale, le patriotisme et l’expérience ont certainement penché en sa faveur.
Bref aperçu biologique
Né à Lubumbashi, ville cuprifère et chef lieu de l’actuelle province du Haut-Katanga en 1953, il obtint une Licence en Sciences de l’Université de Kinshasa avant de poursuivre son parcours universitaire en Belgique où, en 1990, il obtint son master d’Applied en Sciences en Hydrologie à l’Université de Bruxelles.
Professeur ordinaire depuis 2018, maître de recherche au CREN-K en Hydrologie isotopique et conservation des sols, chef de projet de l’étude de l’envasement du canal d’amenée du barrage d’Inga, Expert au Comité National de l’Eau et Assainissement (CNAEA), Professeur visiteur dans de nombreuses universités congolaises, Vincent Lukanda a fait une trajectoire scientifique admirable.
Patriote ayant conscience de sa modeste contribution à l’essor de son pays, il regagne sa terre natale après avoir presté comme stagiaire pendant quelques mois à l’Université Catholique de Louvain et ensuite comme intérimaire chez CISCO System Belgique.
Rappelons qu’en 1984, après l’obtention de sa Licence à l’Université de Kinshasa, il entre au département de Physique du CREN-K comme attaché de recherche. Il deviendra l’un des pionniers de la recherche congolaise sur la radioprotection et l’hydrologie sédimentologique.
Pendant son long et élogieux parcours scientifique de renommée, le Professeur Vincent Lukanda a rempli tour à tour les fonctions de Chef de département physique des sols et hydrologie du CREN-K, coordonnateur national du Projet Formation appliquée de l’initiative du bassin du Nil, Directeur Scientifique du Centre de Recherche géophysique, Vice-président du centre national de protection contre les rayonnements ionisants (CNPRI), Commissaire Général à l’énergie atomique, poste qu’il occupe depuis 2007.
Il est aussi Agent national de liaison de la prestigieuse Agence Internationale de l’Energie Atomique (AIEA).
Le Professeur Vincent Lukanda est l’auteur d’une trentaine de publications de haute facture sur la physique et les recherches nucléaires et s’exprime couramment en français, anglais et un peu de néerlandais. En langues nationales, il parle le Swahili, le Songye et le Lingala.
Apport du nucléaire dans l’essor de la Rd Congo
Point n’est besoin de rappeler que notre pays est en ruine totale suite à la mauvaise gouvernance. De ce fait, l’actuel Chef de l’Etat a des défis énormes et multiples à relever dans tous les domaines capitaux de la vie nationale concernant notamment la sécurité alimentaire, la sécurité énergétique et le développement durable. Car, la présence d’immenses terres arables et le potentiel en matière énergétique seuls ne suffisent pas. Encore faut-il que ces éléments soient transformés pour le bien du développement durable de la communauté. C’est ici qu’intervient l’apport déterminant de l’énergie nucléaire (commissariat général) qui peut mettre en œuvre la technologie nucléaire applicable dans les domaines de la santé humaine, de l’agriculture, de l’eau, de l’industrie et de l’énergie. Les nouveaux dirigeants congolais doivent investir dans la science et la technologie modernes pour espérer atteindre les objectifs du millénaire.
Les pierres du CREN-K à l’édifice congolais
En agriculture, l’intervention du CREN-K est d’une grande importance. Elle a permis de mettre au point de nouvelles variétés de maïs, de manioc et de riz, aliments de base pour les ¾ des familles congolaises. D’autre part, des nouvelles semences développées à partir de plusieurs souches donnent lieu à des semences plus résistantes aux maladies, aux insectes destructeurs et aux intempéries.
Cela permet de booster le rendement des producteurs agricoles. Quant à la médecine, des maladies jadis compliquées ont pu être diagnostiquées facilement et traitées efficacement grâce à la technique de scintigraphie et de la gamme caméra. D’où, la réduction sensible de la mortalité parmi les personnes les plus vulnérables. Tout cela a été possible grâce aux réacteurs de recherche TRICO I et TRICO II opérationnels depuis plus de 40 ans et sans incidents notables qui ont expérimenté à la fois les applications médicales et les applications industrielles et physiques.
De même, en matière énergétique, s’agissant surtout du gigantesque barrage d’Inga, sa durée de vie et de fiabilité a pu être prolongée grâce aux tests de fuite de niveau d’eau et de sédimentation du canal d’amenée.
Il faut aussi mettre à l’honneur du CGEA la caractérisation des échantillons de minerais avec les techniques d’essais non destructifs qui contribuent positivement dans les domaines de l’industrie du bâtiment, des constructions mécaniques et routières. Tout cela est facilité par le fait que le CGEA dispose non seulement d’outils perfectionnés à même de détecter les fuites, les corrosions, le dosage d’humidité dans les grands ouvrages (ponts et chaussées) mais d’un laboratoire performant d’hydrologie et de physique du sol.
Avec ce centre de recherche, des études de caractérisation des nappes d’eau souterraine ont été rendues possibles. A la grande satisfaction de la population qui peut disposer ainsi des sources fiables d’approvisionnement en eau potable.
Le CGEA dispose d’une expertise avérée d’une longue expérience dans l’utilisation des techniques nucléaires conjuguées avec une connaissance parfaite de la législation nucléaire nationale et internationale ainsi que l’application des normes internationales relatives à l’utilisation de l’énergie nucléaire.
Redynamisation du réacteur TRIGA MK I
Depuis 2014, le réacteur TRIGA MK I est à l’arrêt (la RDC est parmi l’un des premiers pays africains à l’avoir acquis en 1972). Sa relance exige des équipements modernes et des ressources colossales. Cela pour répondre aux normes de sécurité et de sûreté de l’AIEA.
Pour cette raison, deux missions d’experts internationaux sont arrivées en RDC. La première a été menée par des experts internes du CGEA et de l’AIEA venus de Russie, France, Belgique, Inde, Maroc et Egypte. La seconde est intervenue en mai 2018. Avec la mission d’évaluer le fonctionnement de ce réacteur (PRE-OMARR).
A l’issue de ces deux missions, les experts se sont montrés optimistes. Il revient au gouvernement congolais de régler les formalités nécessaires pour le remettre en marche. De l’avis de Christian Kennes, expert belge de l’AIEA, « l’objectif principal poursuivi est de voir la mise en œuvre des recommandations des missions menées par les experts pour évaluer les conditions de redémarrage du réacteur TRIGA MK I du CGEA/CREN-K. D’en faire une évaluation de sa sûreté ».
Deshraju Venkat H. Rao, expert indien à la division de la sécurité des installations nucléaires à l’AIEA renchérit : « Nous avons fait la mission de sûreté pour le réacteur de la RDC et avons fait le rapport à l’autorité responsable. Il revient au pays de décider de l’avancement du réacteur. Techniquement, le réacteur peut redevenir opérationnel ».
Pour rappel, c’est le 6/6/1959 que les premières expériences nucléaires ont été lancées en RDC avec le premier réacteur de recherche TRIGA MK I d’une puissance de 50 KW. Une année exactement après, le Roi Baudouin prend un arrêt royal instituant le Commissariat des Sciences nucléaires. En 1961, la RDC devient membre de l’AIEA et en septembre 1968 lors du sommet de l’OUA organisé à Kinshasa, les chefs d’Etat africains instituent le Centre Régional d’Etudes Nucléaires de Kinshasa (CREN-K).
Le 29 juin 1970, le TRICO MK I est démantelé. Le 24 mars 1972, la RDC se dote d’un deuxième réacteur TRIGA MK II d’une puissance de 1MW, fabriqué par Gulf Général Atomics (une firme américaine).
En 1978, le Commissariat des Sciences Nucléaires (CSN) est remplacé par le Commissariat Général à l’Energie Atomique (CGEA) sur ordonnance-loi n°78-095. En 2009, une antenne du CGEA est implantée au Katanga avec comme objectif principal de répondre aux questions récurrentes d’exposition de la population locale à la radioactivité naturelle. Il faut souligner que la RDC dispose d’importantes ressources en uranium.
Fiche technique du CGEA
Au moins 300 agents et cadres dont des scientifiques, des ingénieurs, des techniciens et administratifs composent le personnel du CGEA. Actuellement, son comité de gestion est composé de : professeur Vincent Lukanda, commissaire général, professeur Sébastien Luyindula, directeur scientifique et Paul Bindu, directeur administratif et financier.
Missions principales

  • Effectuer, promouvoir et coordonner les recherches scientifiques et technologiques dans les domaines divers de la science et de l’industrie intéressant l’énergie nucléaire
  • Assurer la protection des personnes et des biens contre les dangers pouvant résulter de l’utilisation des rayonnements ionisants
    Ressources et activités
    Le CGEA dispose de ressources et d’infrastructures importantes. Ce qui lui permet de faire face valablement à son programme de recherche nucléaire dans des activités concernant les applications pacifiques dans les domaines du développement social et économique.
    Il possède deux réacteurs destinés essentiellement à la formation, à la production des isotopes et à la recherche. Avec la coopération de l’AIEA et d’autres partenaires extérieurs, il a acquis plusieurs laboratoires d’applications nucléaires.
    Quant à ses activités, elles se concentrent autour de quatre domaines : les sciences et techniques appliquées, les sciences de la vie, la chimie et la physique ainsi que l’agronomie. Toutes ces activités couvrent :
  • Les domaines de l’amélioration et protection de la santé de la population ;
  • L’amélioration de l’accès à l’eau potable ;
  • Le développement de la biotechnologie ;
  • L’amélioration de la santé animale ;
  • La gestion et la maîtrise de l’eau pour contribuer à la sécurité de la santé alimentaire de la population ;
  • Le développement de l’industrie ;
  • La protection des biens et des personnes contre les dangers de l’utilisation de l’énergie atomique et des retombées radioactives ;
  • La maintenance des équipements.
    Dans les mines, le CGEA s’occupe de toute la chaîne de la production des minerais, allant de la production, de la recherche et prospection jusqu’aux produits finis ou semi-finis via l’extraction et le traitement.
    Ses partenaires sont l’AIEA, l’AFRA, le PNUD, l’Union européenne, la FAO, le Bassin du Nil, des institutions nationales. Le CGEA participe activement et régulièrement aux programmes nucléaires régionaux, nationaux et internationaux.
  • Par Joseph Lounda
Happy
Happy
0 %
Sad
Sad
0 %
Excited
Excited
0 %
Sleepy
Sleepy
0 %
Angry
Angry
0 %
Surprise
Surprise
0 %
1 1 voter
Évaluation de l'article
S’abonner
Notifier de
guest
0 Commentaires
Inline Feedbacks
View all comments