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Plus ou moins 2100  présumés bandits de grands chemins de la ville de Kinshasa ont été emmenés vagues par vagues au centre paramilitaire de rééducation et d’encadrement appelé Kanyama Kasese situé dans la province de Lomami.

Le ministre des droits de l’homme du gouvernement Sama Lukonde a récemment dénoncé la procédure qui conduit à ce transfert. Fabrice Puela estime, notamment que le fait d’emmener ces jeunes sans un procès et un jugement préalablement établi viole leurs droits à la défense et à la dignité. Un avis que le commandant du Service national ne partage pas. 

Dans une interview accordée à la radio Top Congo ce vendredi 13 août 2021, le général major Jean-Pierre Kasongo Kabwik a rejeté les allégations de violation des droits de l’homme dans ce processus. 

« Moi, je ne vois pas en quoi il y a eu violation. Sans prétendre être porte-parole de la police, au moins il y a eu quelques fois j’ai été associé à ces opérations lorsqu’on était en train de rassembler ces jeunes. J’ai constaté que la police faisait correctement son travail », a-t-il dit. 

Et de poursuivre : « Ces jeunes sont des Kuluna ( terme Kinois pour désigner un bandit urbain, ndlr) et donc potentiellement dangereux. Qu’on reproche, par exemple, à la police d’y aller par des méthodes fortes, je le regrette. Ce sont des gens potentiellement dangereux comme je le disais, qui peuvent agresser, qui ont même l’habitude de s’attaquer à la police et nous avons vu, nous avons des témoignages, des policiers ou des militaires qui ont été tués, qui ont vu leurs bras arrachés par ces jeunes. Et donc lorsqu’on décide maintenant de faire une opération de neutralisation de ces jeunes, on y va pas comme à l’église. On prend toutes les précautions, tout en respectant les droits humains à la dignité ».

Le chef du Service national a, par ailleurs, rappelé que ces jeunes ne sont pas arrêtés pour être amenés en prison.

« Lorsque la police prend ces gens, ils sont mis à la disposition du Service national pour un encadrement c’est-à-dire l’État a décidé d’encadrer ces jeunes gens parce que ce sont des prérogatives de l’État d’encadrer une certaine jeunesse qu’on trouve qu’elle commence à dévier… L’État prend ces jeunes, sur instruction en ce qui nous concerne, sur instruction de la très haute hiérarchie, afin de les réinsérer socialement. C’est-à-dire par leur intégration au Service national pour qu’ils deviennent totalement agents au sein du Service national, c’est-à-dire ils vont être bâtisseurs », a-t-il souligné.

Selon cet officier militaire, ces jeunes sont emmenés à Kanyama Kasese pour une déprogrammation de l’état mental des candidats à l’intégration au Service national et au patriotisme.

« Nous, au Service national, pour que quelqu’un soit bâtisseur, il doit subir une certaine formation. Vous connaissez l’état mental de ces jeunes, on ne peut pas les prendre dans l’état ou ils sont et les intégrer au Service national au risque qu’ils deviennent un danger pour le Service national…. Si aujourd’hui les gens décrient, alors si on les condamne après ils veulent qu’on en fasse quoi ? Qu’on les tue ? Qu’on les amène en prison ? C’est mauvais de les encadrer ? Finalement on ne comprends », a-t-il regretté. 

À en croire ce général-major, ces jeunes « quoi que ne vivant pas dans un hôtel 5 étoiles », sont logés et nourris dans de bonnes conditions. 

« Les moyens sont mis à à disposition par le gouvernement. Ces jeunes mangent 3 fois par jour, ils dorment pas à la belle étoile, ils ont un lit chacun. Et du point de vue encadrement, les choses se passent très bien. La grande majorité quand ils sont arrivés, pas seulement les Kuluna même leurs parents, au départ, il y en a qui pensaient que ces jeunes gens allaient dans un mouroir. Arrivés sur place un mois deux mois après, vous savez les conditions de formation sont quand-même plus dures pour l’endurance physique,  après la formation, nous avons allégé les conditions de vie en terme de liberté. Les deux premières vagues, nous pouvons les relâcher les week-ends pour aller à la cité, ils peuvent aller à Kanyama. Ils partent et reviennent le dimanche dans leur cantonnement », a-t-il fait savoir.

Il a ajouté qu’après la formation, ils bénéficieront d’un brevet et intégreront le Service national.

« Ils ne veulent même plus rentrer. Ils disent moi je ne peux pas après avoir passé 9 mois en formation, fuir et partir d’ici sans brevet. Ils attendent un brevet. Après le brevet ils vont être intégré au service national. », a renchéri le général major J-P Kasongo.

Après la formation plusieurs branches s’offrent aux brevetés pour intégrer le Service national, a-t-il dit.

« … Nous ne cesserons de les dire, ces jeunes ne sont pas partis en prison… après la periode formation, ils vont être évalués. Pendant la formation, il y a le volet théorique et pratique qu’on appelle la professionnalisation. Ils sont en train de suivre l’encadrement civique et patriotique pour être de bons citoyens…Après ils vont suivre plusieurs filières qui sont organisées au Service national. Il y en a qui vont devenir maçons, il y en a qui vont devenir charpentiers, menuisiers, ouvriers agricoles, chauffeurs, mécaniciens, etc. Nous avons du matériel pour ça, en ce qui concerne la mécanique, par exemple, dans le territoire de Kanyama, si on peut dire peut-être dans la province du Haut-Lomami, nous sommes les mieux équipés ! Nous avons des machines modernes, nous avons une vingtaine qui sont déjà affectées à nos garages », a-t-il rassuré.

Rappelons que le Service National est un organe paramilitaire d’éducation, d’encadrement et de mobilisation des actions civiques et patriotiques en vue de la reconstruction de la RD Congo. Ce service public spécialisé de la Présidence de la République jouit d’une autonomie du point de vue financier et administratif.

Par Moise Dianyishayi
7sur 7 / Le Télégramme du Congo

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