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Trois années après sa lutte contre la violence conjugale dont elle a engagé dans son film « Voir avec son cœur », la réalisatrice congolaise aux allures hollywoodiennes Laura Kutika depuis la France, met son savoir-faire dans le savoir être universel. Cette fois-ci sa machine cinématographique tourne pour un nouveau projet, un nouveau format et une nouvelle vision. Il s’agit de la série dramatique web « Une voisine gênante ». Produite par les Amazones Production. Cette série web psychologique de 26 minutes en sa première saison de 15 épisodes, nous avise contre les pensées négatives. Sa sortie sur le site web Les Amazones Productions sur YouTube est prévue pour ce mois d’avril. Dans cet entretien à bâton rompu ci-dessous, Le Télégramme du Congo vous présente une Laura Kutika défenseure de la place de la femme dans un secteur masculinisé comme le cinéma.
Elrick Elesse : Scénariste et réalisatrice, Laura Kutika, les passionnés du cinéma s’interrogent sur ce long moment de silence.
Laura Kutika : Ce silence est déjà dû à cette histoire de Covid-19 qui a modifié mes projets. Mais comme je ne veux pas rester oisive une fois de plus, mon associé et moi sommes en train de mettre en place une série web. Que j’écris et réalise.
Elrick Elesse : Avez-vous une idée précise sur le thème à aborder, et le pourquoi du choix de ce thème?
Laura Kutika : Nous sommes le fruit de nos pensées.
EE : Ce thème est –il le fruit d’une expérience vécue ?
LK : A force d’accumuler les pensées négatives, nous nous retrouvons parfois dans des prisons construites par nous-même. Des prisons pour lesquelles il nous est plus facile d’y entrer mais difficile d’en sortir. Alors non, ce n’est pas seulement le fruit d’une expérience vécue, c’est juste le fruit d’une constatation récurrente.
EE: C’est quoi déjà le titre du film ? combien de minutes ? Combien de saisons ? 
LK :Très bien, le titre c’est « Une Voisine gênante », une série de 26 minutes avec 15 épisodes. Pour l’instant nous allons lancer la 1ère saison et on verra la suite…Nous avons plusieurs projets que nous aimerions lancer.
EE: Quelles sont tes attentes vis-à-vis du public pour ce projet. Et que doit-il attendre de toi ?
LK : A travers la série web « Une voisine gênante » je veux juste nous encourager de toujours cultiver des pensées positives, peu importe le combat. Car des pensées négatives nous détruisent, et détruisent ceux qui nous entourent en même temps. « Une voisine gênante » est une série psychologique. Je veux montrer ce qui se passe dans nos têtes, lorsque nous cultivons des pensées négatives. Mon vœu est que le public me fasse confiance.
EE : Voisine gênante est de quel genre cinématographique. Film d’horreur, fictif, fantastique ?
LK : C’est une série dramatique. En début mars nous avons lancé à Paris deux premiers épisodes. En ce début du mois d’avril ça sera disponible sur la chaîne web Les Amazones Production sur YouTube
EE : Question de nous mettre l’eau sur la bouche, comment se présente le profil du personnage principal ?
LK : Mettre l’eau dans la bouche ? Je vous fais alors un résumé succinct du film. Craignant que son mari en pince pour Zoe, la charmant voisine qui vient d’aménager à côté, Mia se rapproche d’elle afin de l’éloigner de son mari. Mais lorsque Mia apprend la rupture amoureuse de Zoe et de son fiancé, aider cette dernière à trouver un amoureux le plus vite possible, devient son projet…
EE : Qu’est qui suscite votre intérêt pour le format web ?
LK : Le format web déjà, ne coûte presque rien, il faut juste créer sa chaîne YouTube, et faire sa pub. Et actuellement le format web permet d’atteindre plus des gens à travers le monde. C’est la maison de production Les Amazones Production qui s’en occupe. Une maison de production que moi et mon associé Fally Korazaky avions créé.
EE : Quelle est l’œuvre dont tu te sens le plus fière ?
LK : Quand on crée on se fait d’abord plaisir avant de le faire plaisir aux autres. Une œuvre c’est comme un enfant qu’on met au monde, peu importe ses défauts, son enfant on ne l’échangerait pour rien au monde. Alors je me dirais fière de toutes mes œuvres car il n’est pas facile de créer.
EE: Sans être sexiste combien de femmes africaines réussissent derrière la caméra ?
LK : Malheureusement ce sont plutôt des hommes qui ont une place dominante dans ce milieu. Mais la femme africaine est en train de changer la donne puisqu’elle a compris que ce n’est pas un métier réservé qu’aux hommes. Homme comme femme naissons avec des talents et il n’y a pas des talents prédestinés qu’à un seul genre.
EE : Laura Kutika, t’arrive-t-il de faire une introspection ? Et que te dis-tu de ta vie professionnelle.
LK : Bien sûr que oui ! Et cela m’aide énormément dans mes choix, dans ma façon de voir les choses, la vie, et ma relation avec les autres.
J’ai quitté Kinshasa pour la France dans le but de consolider mes compétences dans l’écriture scénaristique. Et, aujourd’hui j’en suis fière, car je me sens à la hauteur de défendre mon métier, de raconter des histoires tout en respectant les normes cinématographiques.
EE : Dans l’écosystème cinématographique, la place de la femme c’est devant la caméra. Qu’en pense tu ?
LK : Devant ou derrière, c’est à la femme de choisir la place ou elle se sentirait à l’aise. Comme moi, c’est derrière la caméra que je m’exprime le mieux. Malheureusement, l’argent nous fait défaut pour réaliser nos projets. Mais je me dis toujours que ce n’est pas l’argent qui m’empêchera de faire mon métier. Voilà pourquoi je profite du format web pour réaliser mes projets.
EE : Merci beaucoup Laura Kutika de votre disponibilité, c’est un plaisir de vous avoir à l’autre bout du monde.
LK : Merci beaucoup, le plaisir est partagé.

Propos Recueillis par Elrick Elesse
Le Télégramme du Congo (LTC)

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