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Jean Kamba aux Kinois : « Pas de spéculation sur les performances, c’est del’art »
Le Festival de Performance d’art Kin-etelemi-telemi débute ce jeudi 25 février et se déroulera jusqu’au dimanche 28 février sur les rues de quatre commune de Kinshasa. Au cours de ce festival organisé et autofinancé par le « collectif Farata », les artistes performeurs vont investir les lieux, en exhibant des actions artistiques insolites à la cité, performance hardcore, dégaine et jactance des sapeurs etc… Mais, face au public kinois inhabitué à ces beaux spectacles, un bémol persiste. La psychose du monolithe vandalisé de Bandal, par des gens superstitieux. Ces gens ne vont-ils pas encore spéculer ? s’interroge les amoureux de l’art contemporain de la performance. Cette préoccupation a été partagée, par votre rédaction avec le Directeur Artistique et curateur du Festival Kin-etelemi-telemi, le critique d’art et chercheur Jean Kamba qui n’a pas manqué un message interpellateur tout en explicitant sur le contenu dudit festival.
Pour ce qui veulent en savoir plus sur le pourquoi et le comment de ce festival Kin-Etelemi-telemi de prime abord, Jean Kamba explique : « C’est un projet initié par le collectif Farata, collectif des artistes pluridisciplinaires axés plus sur le domaine de la performance artistique. Et, Kin –Etelemi-telemi c’est leur premier projet de cette envergure. Pourquoi, parce que ça va rassembler autour de ces artistes, des performeurs, des artistes qu’on appelle communément des sapeurs. Il y aura aussi des artistes qui se font appeler les Bakoko (ndlr : Les ancêtres) qui utilisent des matériaux végétaux pour confectionner leurs habits.
Puis, ils vont travailler sur la place publique autour de ce qu’ils ont en commun comme sujet. Par exemple les Bakoko, savent plus s’axer sur des valeurs traditionnelles africaines. Il y aura des sapeurs qui vont faire leur carnaval de dégaine, vous savez bien ce que font les sapeurs. Ainsi qu’eux même les artistes du collectif Farata qui vont faire la performance hardcore, vous voyez… Voir le corps allé au-delà des limites imposéespar la nature…
Et Kin-Etelemi-telemi va se passer autour de 4 communes. Il y aura la commune de Bumbu, Sélembao, Lingwala, Ngiri-ngiri et Bandalungwa. »
La performance artistique n’est pas en sa genèse en RD Congo, quel sera la particularité de la première édition Kin-etelemi-telemi. A ce point, le D.A a mis les points sur les i. « La spécificité c’est qu’il y aura une deuxième phase. Après ce que nous avons prévu comme contenu, des vidéastes, photographe et preneurs de vue qui vont prendre des images, qu’ils vont exposer, tout au long de cette année…vers le milieu de l’année. Ça va être exposé sous forme de photographie artistique, vidéo et installation de ce qu’ils ont fabriqué comme accessoire qu’ils ont utilisé dans ce festival du 25 au 28 février. Au bureau on a fixé sur les modalités, il y a un partenaire avec qui on discute, et nous sommes sûr que ça va se tenir autour de juin et juillet. »
Le public Kinois est parfois capricieux et imprévisible, Jean Kamba n’en perd pas de vue, et lui adresse un message interpellateur « Au public qui voit, mon message c’est que, nous sommes dans un contexte, où nous parlons encore du monolithe qui a été brulé à Bandal. Il y aura des performances artistiques qui vont être faites autour de cet endroit-là (ndlr : Commune de Bandalungwa, triangle Bakayawu non loin de station). Mon souhait c’est que le public ne continue pas de spéculer, c’est de l’art ! Et il va y avoir tout ce qu’il faudra pour faire comprendre… Ça ne sera pas du genre sorcellerie etc… Chercher plutôt à comprendre qu’est ce qui est véhiculer à travers cette manifestation artistique (Festival Kin-Etelemi-telemi) au lieu de spéculer. »
Il sied de noter qu’à cette fête de l’art performance de Kinshasa qui vise à imposer un regard extérieur neuf sur Kinshasa, en lieu et place de l’image péjoratif de ville « chaotique », Kin-etelemi-telemi par son nom évocateur présente un Kinshasa débout en dépit de tout. Créatif, hospitalier, courageux, par le biais des expressions plastiques multiforme et de proximité avec ceux-là qui n’ont pas accès aux Beaux –arts classiques. Hormis le collectif Farata qui organise, Lisanga Bakoko, les Justiciers de la Sape vont y prendre part. Des invités en provenance de partout vont aussi rehausser de leurs présences ce festival : Androa Kolo, Christian Botale et  Cléophée Moses de la France, Abgoka Kossi du Togo, Hector Canonge des Etats Unis. Sans omettre la présence des gros légumes de cette discipline qui ragaillardissent ces festivités : Isaac Sahani, KokoLingwala, Kongo Astraunauts, Barry modi, Trésor Kintoki, Erick Drogue, Francis Mampuya, Glody Mvutu et Paty Masiapa. D’autres surprises à vous tenir en haleine, sont prévus.

Par Elrick ELESSE
Le Télégramme du Congo (LTC)

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